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Se souvenir à Auschwitz – Birkenau.

« Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants, en majorité des Juifs de divers pays d’Europe, soit à jamais pour l’humanité un cri de désespoir et un avertissement. Auschwitz – Birkenau 1940 – 1945 ».

Se rendre sur un lieu de mémoire n’a rien d’anodin. Cette visite vous balance à la figure tant de sentiments. Auschwitz est dur à raconter. Ce fut, pour plus d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants, la fin du voyage. Dans l’horreur, la cruauté, l’inhumanité et l’isolement. Alors je veux vous parler de leur histoire, des lieux et de mon sentiment une fois sur place.

Un peu d’histoire :

Auschwitz I

La création du camp souche Auschwitz I est décidée par les SS en février 1940 : c’est d’abord un camp de concentration et de travail forcé. Il se situe au milieu d’une région de la Pologne annexée par le Reich en 1939. Les premiers prisonniers sont des opposants politiques polonais, socialistes ou communistes pour la plupart. Une première vague, au nombre de 720, arrive en juin 1940.

En 1940, le camp renferme de 13 000 à 16 000 détenus, pour 300 gardiens SS. Le nombre de prisonniers atteint environ 20 000 en 1942. Durant les vingt premiers mois, plus de la moitié des 23 000 prisonniers polonais meurent à la suite des traitements inhumains et des tortures.

C’est en observant les précautions importantes que nécessite l’emploi d’un pesticide utilisé pour nettoyer les baraquements que l’idée vient à l’assistant de Höss, Karl Fritzsch, d’employer le Zyklon B. Le camp d’Auschwitz en possédait donc de grandes quantités en stock. Testé en septembre 1941 sur des prisonniers de guerre soviétiques, le produit se révèle mortel même en très petite quantité. Les SS aménagèrent alors dans le camp souche un bâtiment comprenant une chambre à gaz et un four crématoire attenant comprenant quatre foyers. Cette installation fut mise en service en 1941 avant d’être transformée, après la « mise en service » d’Auschwitz II, en bunker de protection en cas d’attaque aérienne et en de dépôt de munitions. 

Auschwitz II (Birkenau)

D’une capacité théorique de 100 000 détenus, il s’étend sur une superficie de 170 hectares (720 m sur 2 340 m), fermé par 16 kilomètres de barbelés. Il comprend, dans sa configuration finale, trois parties : le camp des femmes, le camp des hommes et une extension jamais terminée « Mexico », tous entourés de fils barbelés électrifiés.

Dans un premier temps, Himmler avait pensé Birkenau comme une extension d’Auschwitz destinée à accueillir des prisonniers de guerre soviétiques dans le cadre de l’invasion de l’Union soviétique. Puis dès la fin 1941, son rôle est d’appliquer la solution finale, c’est-à-dire la mise à mort systématique et programmée des Juifs d’Europe, à l’échelle industrielle. Dans ce but, les nazis font construire à Birkenau quatre complexes de chambres à gaz-crématoires. La construction débute en 1942.

À peine sortis du train, les prisonniers subissent la « sélection ». D’un côté, les faibles, les personnes âgées, les malades, les femmes enceintes, les enfants destinés à être gazés immédiatement. De l’autre, les adultes (en théorie à partir de 15 ans) les plus valides que les SS destinent au travail forcé. Dans tous les cas, les détenus sont mis à nu, rasés, tatoués, dépossédés de leurs biens qu’on stocke dans des entrepôts appelés « Kanada » dans le jargon du camp. Kanada car pour eux le Canada avait l’image d’un pays riche leur semblant comparable à toutes les richesses pillées entassées dans ces entrepôts. 

Les survivants à ce premier tri sont répartis en groupes de travail « Kommandos » et employés comme main-d’œuvre esclave.

Dans les baraques : De huit cents à mille détenus étaient entassés dans les lits de bois superposés de chaque baraquement. Les châlits supérieurs étaient pris d’assaut par les plus costauds, plus « valides » que ceux qui se voyaient contraints de se contenter des banquettes inférieures où en raison de la dysenterie fréquente se déversaient tout au long de la nuit les déjections venues des étages supérieurs.

Intérieur d'un baraquement et châlits - Camp de Birkenau. Auschwitz I
Intérieur d’un baraquement et châlits – Camp de Birkenau.

L’hiver, une installation de chauffage sommaire parvenait à maintenir une température limitant le nombre de décès par hypothermie. Chaque baraquement était équipé de deux cheminées en briques. Ce système de chauffage demeure l’un des vestiges d’origine encore visibles.

Évacuation et libération du camp

À partir d’août 1944, l’Armée rouge est à 200 kilomètres d’Auschwitz. Les autorités nazies envisagent alors la liquidation du camp en cas de nouvelles victoires soviétiques. Aussi longtemps que cela a été possible, les nazis ont continué l’extermination dans les chambres à gaz. Ce n’est qu’en novembre 1944 que les trois crématoires restant en activité sont dynamités.

Les nazis entreprennent de détruire et d’effacer les traces des crimes commis. Cette destruction fut partielle : une commission spéciale soviétique a pu retrouver et réunir, après la libération du camp, un important volume de documents épargnés. Mais de nombreux documents sont manquants.

Après l’été 1944, le camp se dépeuple progressivement. La marche de la mort d’Auschwitz à Loslau, endurée par des détenus épuisés, sans manger ou presque, dans un froid glacial, est responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts. Le 17 janvier 1945 a lieu le dernier appel général. Y sont présents 67 000 déportés dont 31 800 à Auschwitz I et II et 35 100 dans les camps auxiliaires dépendant de Monowitz.

Les camps souches d’Auschwitz I et Auschwitz II – Birkenau sont libérés par la 100e division (général F.Krasavine) de la 60e armée du Front de Voronej de l’Armée rouge, renommé « Premier front d’Ukraine » après la libération de l’Ukraine, le 27 janvier 1945. Ceux-ci y pénètrent vers 15 heures à la suite de combats qui font 66 morts parmi les Soviétiques. 7 000 déportés, maintenus dans le camp, survécurent jusqu’à la libération.

Après sa libération en 1945, Auschwitz reste abandonné pendant deux ans. Le 2 juillet 1947, le Parlement Polonais inaugura le Musée national Auschwitz-Birkenau. L’ensemble du site d’Auschwitz a été ajouté à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979.

La visite : Le 3 Juin 2019

« Auschwitz » est une appellation générale qui désigne en réalité trois camps principaux : le troisième, Auschwitz III Monowitz-Buna, a été lourdement touché par les bombardements et il n’en reste aujourd’hui que des ruines (abris anti-aériens, quelques blockhaus et bâtiments). C’est aujourd’hui une zone industrielle que personne ne visite et où l’on fabrique, ironiquement, du caoutchouc synthétique comme pendant la guerre. Il y avait également une foule de camps secondaires plus petits.

Auschwitz I

La visite débute par le camp Auschwitz I. Vous rentrez en passant sous la fameuse phrase ironique « Arbeit Macht Frei » (le travail rend libre).

La visite débute par le camp Auschwitz I. Vous rentrez en passant sous la fameuse phrase ironique « Arbeit Macht Frei » (le travail rend libre). Auschwitz I
La porte d’entrée du camp d’Auschwitz avec la promesse « Arbeitmachtfrei » (« Le travail rend libre »).

Quand on entre dans le camp, on découvre à droite l’endroit où s’installait l’orchestre d’Auschwitz I, qui a commencé à jouer en 1941 : il jouait pour que les prisonniers partant ou revenant du travail avancent en rythme et pour que les SS puissent les compter facilement. L’appartenance à cet orchestre a sauvé la vie de quelques détenus.

Plan du camp Auschwitz I
Plan du camp Auschwitz I

Auschwitz I est dense en comparaison à Auschwitz II. A l’intérieur du camp, on peut visiter plusieurs blocks. Les blocks sont transformés en salles d’expositions thématiques. Le camp est constitué de 28 blocks et d’un crématoire, appelé le KI.

Certains sont généraux,  par exemple le block 27 est consacré à la vie des Juifs d’avant la guerre et l’idéologie nazie. Il contient un « livre des noms » avec plus de 4 millions de victimes de la Shoah listées. L’extermination au block 4 ou la vie des prisonniers au block 6. D’autres concernent des pays en particulier par exemple les déportés arrivés de France et de Belgique au block 20, la Pologne au block 15 ou la Hongrie au block 18.

A l’intérieur du camp, on peut visiter plusieurs blocks. Les blocks sont transformés en salles d’expositions thématiques. Le camp est constitué de 28 blocks et d’un crématoire, appelé le KI. Auschwitz I

Chaque block présente des documents d’époque, des objets, des photos et de nombreux panneaux d’information explicatifs. Une véritable visite de l’ensemble des blocks prendrait une journée entière. Ce sont souvent ces blocks spécialisés que vous ne verrez pas lors des visites guidées génériques.

Nul besoin de vous rappeler que la visite de ce lieu se fait en silence par respect pour les victimes.

Chaque block présente des documents d’époque, des objets, des photos et de nombreux panneaux d’information explicatifs. Auschwitz I

Le block 4 : l’extermination des Juifs.

Dans cette salle vous pouvez découvrir la maquette du projet macabre des nazis : la création de chambres à gaz et de crématoires. Vous verrez à quoi ressemble une boîte de zyklon-B, le gaz utilisé pour tuer les détenus du camp à partir de 1942. Il y a des savants calculs, des explications sur le fonctionnement des chambres à gaz, les « fausses douches » construites pour faire croire aux prisonniers qu’ils allaient simplement se laver, les systèmes de ventilation, le coût des opérations. C’est froid, c’est mathématique, c’est détestable.

En libérant les camps en 1945, les Soviétiques trouvèrent 7 tonnes de cheveux que les Nazis n’avaient pas eu le temps d’expédier en Allemagne… Les cheveux et les poils des détenus étaient utilisés comme matière première dans la fabrication de tissu de crin.

Chaque block présente des documents d’époque, des objets, des photos et de nombreux panneaux d’information explicatifs. Auschwitz I

Le block 5 : les traces du crime.

On marche soudain au milieu de milliers de chaussures d’hommes, de femmes, d’enfants. Elles sont noircies et au milieu du tas, émergent quelques chaussures rouges. Les images de la « petite fille au manteau rouge » de « La Liste de Schindler » surgissent  dans mon esprit. Je vous conseille d’ailleurs ce film de Steven Spielberg. Le block regorge d’objets du quotidien volés aux prisonniers. Valises, chaussures, talits (châles de prière juifs), lunettes, prothèses d’infirmes, vêtements, blaireaux, brosses, cirages, peignes … témoignent de l’ignorance des détenus face au sort qui leur était destiné.

Le block 6 : des noms et des visages.

Un mélange de tristesse et de colère. L’un des blocks les plus marquants pour moi. Vous pourrez mettre des visages sur les noms des victimes. Avoir une pensée pour eux. Vous recueillir. J’ai passé plus de temps dans ce block car je n’arrivais pas à me résoudre à « ignorer » certains visages. Un peu comme si regarder chacune des victimes était une marque de respect. Des regards déroutés, abattus, apeurés, vides mais aussi fiers, avec de la défiance pour certains. Visages qui n’ont pas survécu.

Le block 6 : des noms et des visages. Auschwitz I
Portraits des déportés français.

Je me suis attardée sur les portraits des déportés français, tout au fond du couloir. En dessous de leur photo, leur date d’arrivée au camp et leur date de décès. Vous vous rendez compte qu’ils ne survivent alors que quelques mois au maximum.

L'ironie d'une pancarte "Danger de mort" à Auschwitz I.
L’ironie d’une pancarte « Danger de mort » à Auschwitz I.

Le block 7 : les conditions de vie des déportés.

Ce block 7 vous montre leurs conditions de détention. Des dortoirs et des sanitaires ont été conservés dans leur état pour que l’on puisse deviner les conditions de vie cruelles des déportés. Ou plutôt, conditions de survie et manque d’hygiène. Imaginez 700 à 1000 prisonniers par baraquement. De la paille au sol,des toilettes sans intimité, des lits individuels où l’on dormait à plusieurs… Puis sont abordées les expérimentations « médicales » du docteur Mengele sur les jumeaux ou les handicapés. Après avoir pratiqué tant de monstruosités, il mourut tranquillement en 1979 d’un infarctus à la plage dans sa retraite du Brésil… Joseph Mengele était un monstre, un de ces médecins nazis formés dans le mythe de la pureté de la race, prêt à toutes les absurdités. Sa famille cache sa mort pendant 6 ans. Au printemps 1985, le Mossad trouve sa tombe, exhume son cadavre et après comparaisons, officialise son identité.

La Place d’appel : C’est là que les déportés devaient se rassembler pour l’appel, souvent mis en scène dans les films. Les SS le prolongeaient souvent durant plusieurs heures, jusqu’à 12 heures parfois, par tous les temps. Sur cette place, on trouve des potences. Régulièrement, des prisonniers étaient pendus en public au cours de l’appel.

Le block 11 et sa cour : la prison dans la prison.

Ce block est particulièrement poignant puisqu’il présente dans ses sous-sols les cellules dans lesquelles étaient enfermés des résistants. Et certaines, de moins d’un mètre carré et dans lesquelles on ne tient pas debout, étaient destinées à punir les récalcitrants. Enfermés par quatre toute une nuit, ils ne pouvaient ni se lever, ni s’asseoir, ni s’allonger. Le lendemain, ils étaient contraints d’effectuer leur journée de travail.

Dans la cour, vous pourrez approcher le mur de la mort où furent fusillés plus de 5000 détenus. C’est désormais un espace de recueillement ou l’on peut déposer des bougies et des fleurs en hommage aux victimes.

La fin de la visite avec la chambre à gaz et le crématoire.

Situé à la sortie du camp entouré de barbelés, le bâtiment est facilement reconnaissable grâce à sa grande cheminée en briques.

Partagés entre de la tristesse et la colère, vous visitez la grande chambre à gaz et le crématoire avec ses deux fours et ses wagonnets. Le recueillement s’impose de lui-même lorsque nous pénétrons dans la chambre à gaz. Des immenses fours crématoires sont collés à la salle… que dire de plus !

Auschwitz II Birkenau : Un camp de travail et d’extermination gigantesque.

Une fois la visite du premier camp terminée, vous prenez une navette qui vous mène au second camp Birkenau. Rien ne vous prépare à l’immensité de ce camp. Il faut près de 25 minutes pour le traverser sur son plus grand côté. Birkenau, ce sont 170 hectares. 2340 mètres par 720 mètres. Une immensité sans fin de barbelés, de baraquements et de ruines.

Une fois la visite du premier camp terminée, vous prenez une navette qui vous mène au second camp Birkenau. Rien ne vous prépare à l’immensité de ce camp. Auschwitz II

Les baraquements sont en grande partie détruits. Il ne reste en réalité que les cheminées. Sur un côté du camp, certains de ces baraquements ont été reconstitués afin de vous montrer ce qui se trouvait à l’intérieur. Birkenau abritait deux types de baraquements : certains en briques et certains en bois.

Les baraquements sont en grande partie détruits. Il ne reste en réalité que les cheminées. Auschwitz II

Sur les 300 baraquements construits, il ne reste aujourd’hui que 45 baraquements en briques et 22 baraquements en bois.

Sur les 300 baraquements construits, il ne reste aujourd’hui que 45 baraquements en briques et 22 baraquements en bois. Auschwitz II
Sur les 300 baraquements construits, il ne reste aujourd’hui que 45 baraquements en briques et 22 baraquements en bois. Auschwitz II

Un wagon est encore sur place ainsi que les ruines de deux crématoires et des chambres à gaz que les SS ont fait sauter afin d’effacer les traces de leurs crimes. À côté des crématoires se trouvent les fosses où étaient déversées les cendres.

Un wagon est encore sur place ainsi que les ruines de deux crématoires et des chambres à gaz que les SS ont fait sauter afin d’effacer les traces de leurs crimes. Auschwitz II
Une « Lagerstraße », large allée qui traverse tout le camp transversalement.
Un wagon est encore sur place ainsi que les ruines de deux crématoires et des chambres à gaz que les SS ont fait sauter afin d’effacer les traces de leurs crimes. Auschwitz II

Nous marchons sur les pas des déportés jusqu’à la place de la sélection, moment succinct mais décisif quant à leur destin.

Un monument international à la mémoire des victimes est placé entre les crématoires II et III (inauguré en 1967). C’est un lieu de recueillement dans ce qui peut être considéré comme le plus grand cimetière de l’histoire de l’humanité.

« Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants, en majorité des Juifs de divers pays d’Europe, soit à jamais pour l’humanité un cri de désespoir et un avertissement. Auschwitz -Birkenau 1940 – 1945 ». Ce texte est inscrit sur 21 dalles fixées sur le sol du monument,  traduits dans des langues différentes.

Un monument international à la mémoire des victimes est placé entre les crématoires II et III (inauguré en 1967). Auschwitz II
Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d'hommes, de femmes et d'enfants, en majorité des Juifs de divers pays d'Europe, soit à jamais pour l'humanité un cri de désespoir et un avertissement. Auschwitz -Birkenau 1940 - 1945 ». Auschwitz II

Le site est visité par environ un million de personnes par an. Aujourd’hui, il n’y a presque plus de rescapés des camps mais Auschwitz-Birkenau nous rappelle ce qui a été. Nous devons entretenir la mémoire collective de par notre expérience personnelle.

 Plan du camp Auschwitz II
Plan du camp Auschwitz II

Avant de partir, j’ai regardé, une fois encore la voie ferrée interminable dont je sais, à présent, qu’elle file tout droit vers les chambres à gaz, au fond dans le lointain.

Auschwitz II

Le retour fut silencieux…

Devenir un porteur de mémoire.

Quand je glanais des informations sur internet pour préparer ma visite, quelqu’un m’a reproché d’aller à Auschwitz comme « si j’allais à Disneyland ». Le fait de vouloir se rendre là-bas et de récolter des informations pratiques « banalisait » le lieu et la visite, selon elle qui ajoutait «  Ce n’est pas un musée en fait ! ». Une autre personne était « choquée » de mon « manque de sensibilité » pour qui ce n’est pas du tout « une idée de voyage. »

Pardon, mais comment pouvez-vous vous prononcer sur la sensibilité de quelqu’un sur un simple post de recherche d’informations ? Ensuite, le fait de voyager dans certains endroits, comme ici à Auschwitz, est selon moi, une forme de devoir de mémoire, pour ne pas oublier les atrocités qui ont été commises par le passé.

“Oublier le passé, c’est se condamner à le revivre”, écrivait Primo Levi. Peut-on envisager d’ignorer Auschwitz ? Non ! On ne comprend pas mieux Auschwitz et la barbarie nazie après y être allé. On se sent davantage impuissant. Mais se rendre sur place permet de saisir une atmosphère, de s’imprégner des lieux que nul film ou livre ne pourra remplacer. J’ai vu, alors je dois raconter. Je peux aussi, à mon petit niveau, essayer de renseigner ceux qui souhaitent accomplir le même voyage. La dernière chose qu’il restera de nous, une fois morts, c’est ce que nous aurons transmis. On rentre, avec beaucoup de questions sans réponse, mais Auschwitz n’est pas seulement un témoignage de la barbarie, c’est aussi un lieu où l’on rend hommage. 

Informations pratiques :

Visiter Auschwitz avec ou sans guide ?

Nous avons fait le choix de visiter les camps avec une guide.

Dorénavant Auschwitz I peut être visité de 10 h à 15 h uniquement en groupes et avec un guide. Les personnes ne souhaitant pas participer à une visite avec guide peuvent également visiter le camp, mais seulement de 8 h à 10 h et de 15 h jusqu’à la fermeture.

De nombreuses agences basées à Cracovie offrent des visites tout compris. Vous trouverez ces agences facilement dans le centre. Idéalement, il faut réserver en ligne pour être certain d’avoir de la place le jour de votre visite, mais lors de notre séjour, j’ai remarqué que les visites proposées en ville étaient moins coûteuses que sur internet. Le prix comprend le transport A/R depuis votre hôtel à Cracovie (ou un point de rencontre) et le guide (que vous pouvez choisir en français).

Nous avons réservé nos billets sur www.getyourguide.frau prix de 40,84€.

En passant par une agence de voyage, votre visite d’Auschwitz dure environ 3 h 30 sur place. Il y a 1 h 30 de route depuis Cracovie. Vous n’avez rien à gérer vous-même, l’agence s’occupant des transports et de la réservation des billets.

Cependant, si vous souhaitez rester toute une journée sur les camps, sachez que le rythme des visites est imposé, avec un horaire de retour que le guide doit respecter. L’inconvénient de la visite avec guide est ce rythme plutôt rapide. Vous ne pouvez pas vous attarder, vous devez suivre le groupe. Les groupes de différentes nationalités s’enchaînent constamment.

Pour pouvoir visiter Auschwitz I, il vous faudra impérativement réserver votre billet en ligne, même sans guide. Pour cela, il faut vous rendre sur le site officiel http://auschwitz.org/en/ aller dans « Reservation » et sélectionner « Visit for individuals » puis choisir la visite souhaitée et la langue. Comme pour les visites guidées, vous recevrez un e-mail de confirmation avec votre billet en PDF. 

Comment aller à Auschwitz depuis Cracovie ?

Rendez-vous à Auschwitz en bus ou en train. Le bus est le moyen de transport le plus simple : rendez-vous à la Gare Centrale des bus (Krakow Glowny). Celle-ci se trouve au-dessus de la gare ferroviaire.

Demandez au guichet un bus pour Auschwitz. Le matin, il y en a un qui part toutes les 20 minutes. Il mettra environ 1 h 30 pour se rendre à destination, et le billet aller/retour coûtera environ 30 PLN (soit environ 7€).

Le site E-Podroznik vous renseigne sur tous les trajets de bus et de trains. Entrez votre ville de départ (« Krakow » pour Cracovie) et « Oswiecim » pour Auschwitz comme ville d’arrivée. Il faut descendre à l’arrêt appelé « Oświęcim (Muzeum) ul.Leszczyńsk ». C’est le plus proche de l’entrée du mémorial.

En semaine, les retours dans l’après-midi se font toutes les heures de 14 h à 18 h. Ne manquez donc pas le retour. Le week-end, seulement 3 bus partent d’Auschwitz dans l’après-midi. Il y a finalement peu de bus. Nous avons choisi une excursion, car le matin il n’y avait qu’un seul bus qui partait vraiment très tôt pour pouvoir arriver à temps à Auschwitz pour la visite individuelle. Et celui-ci arrivait pile-poil à l’heure, donc trop risqué d’arriver en retard.

Si vous réservez votre billet via une agence de voyage (via le widget ci-dessous), vous n’aurez pas à vous soucier du transport,  puisqu’une navette viendra vous chercher directement à votre hôtel s’il est à Cracovie.

Avez-vous visité Auschwitz ? Comment avez-vous vécu cela ? Que conseillerez-vous aux personnes intéressées par la visite de ces camps ?

Filmographie :

  • La Liste de Schindler, réalisateur : Steven Spielberg (1993).
  • Le Fils de Saul, réalisateur : László Nemes (2015).

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